24 février 2007
Fermeture momentanée des Coopecs du Burundi
Des problèmes de gouvernance évidents, un non respect des principes de bases du mouvement mutualiste, et la non recherche du bien être des sociétaires par les Elus des Coopecs et de la Fenacobu sont certainement à l'origine des problèmes de la FENACOBU qui ont amené la Banque de la République du Burundi a gelé les opérations des Coopecs sur l'ensemble du territoire national dès ce 23 février 2007.
Seules les opérations de dépôts seront acceptées, aucune opération de retrait ou de crédit ne peut-être effectuée dans les Coopecs ou sur les comptes bancaires de la FENACOBU. Tout ceci afin de préserver les avoirs des sociétaires en attendant une mise en place d'une équipe de gestion efficace, un assainissement des comptes et la résolution des conflits existants depuis plus de six mois entre les Coopecs du Nord et la structure faîtière.
En prenant cette décision, la BRB vient de marquer les esprits de tous ceux qui oeuvrent de près ou de loin pour le développement de la Microfinance au Burundi. En effet, les Coopecs détenaient le quasi monopole des services financiers dans le milieu rural, à l'exception du Nord du Burundi où elles rencontrent la concurrence de l'UCODE. Une mise en cessation de paiement d'un pareil réseau qui possède 80 points de services dans le pays porterait en effet un coup fatal à la fragile confiance que lui manifeste les paysans burundais à la suite de la faillite retentissante de Burundi Direct, et la fermeture frauduleuse et mafieuse de AMANI Microfinance.
Par cet acte, la cellule de supervision de la microfinance au sein de la BRB , vient de prouver que malgré sa jeunesse, elle est animée des intentions les plus nobles. Le grand défi aujourd'hui est de pouvoir trouver des cadres compétents capables de redresser le réseau des Coopecs burundaises. Car, si le Projet Microfinance du PNUD avec en appui, les experts de Dévelppement International Desjardins, tente depuis plus d'un an de renforcer les compétences techniques des cadres du secteur de la microfinance burundaise, à notre humble avis, le Burundi ne possède pas aujourd'ui suffisament de cadres techniques capables de gérer un réseau d'une telle envergure. La solution idéale est de faire appel à une assistance technique internationale. Et pour celà, plusieurs candidats sont possibles : les plus aptes sont notamment le CICM ( Centre International du Crédit Mutuel) à l'origine de la création des Coopecs, ou DID ( Développement International Desjardins) actuellement leader de l'appui technique des réseaux mutualises dans le monde francophone et en appui ponctuel au Burundi depuis un an.
De plus avec la mise en place du FORCE ( Fonds de Relance, de Conseil et D'echange) pour appuyer la microfinance burundaise et fort de plus de 5milliards de FBU, les fonds pour faire appel à cette assistance technique international ne devrait causer aucun problème.
Il apparatient aux dirigeants politique de prendre la situation en main et de faire renaître de l'espoir et de la confiance dans le secteur de la Microfinance au Burundi .
A faire à suivre.
