Le blog d'Eric NGENDAHAYO

Tout ce que vous voulez savoir sur la microfinance au Burundi : Les derniers évènenements, les ouvertures et les fermetures d'IMFs, la réglementation,les travaux de recherche, les défis et les enjeux actuels du secteur. (eric.ngendahayo@yahoo.fr)

09 juin 2008

Couverture du risque santé, protection sociale et micro-assurance santé

Inter-réseaux publie le Bulletin de veille n°128

Inter-réseaux Développement rural

Couverture du risque santé, protection sociale et micro-assurance santé

Le Bulletin de veille Inter-réseaux est une veille thématique bi-mensuelle qui fait un point sur l’actualité du développement rural sur le net.

D'après une étude réalisée par le Microinsurance Center en 2006, moins de 3% des habitants des cent pays les plus pauvres ont accès à des produits d'assurance. Aujourd'hui beaucoup d'organisations, d'états, s'intéressent à cette question, allant parfois jusqu'à estimer que c'est un moyen majeur pour parvenir à atteindre les objectifs du millénaire. Des expériences de mutuelles de santé, de microassurances, d'assurances contre les risques climatiques, ou encore pour couvrir les pertes de bétails, etc. se développent. Voici quelques références et exemples que le réseau a permis d'identifier sur le web.

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Financement du monde agricole et rural : quoi de neuf ?

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A la recherche d'un nouveau paradigme

A partir de :

  • la synthèse du colloque FARM de décembre 2007 "quelle microfinance pour l'agriculture des pays en développement ?" (Morvant, février 2008),
  • l'étude réalisée par le réseau français de la microfinance "Evolutions récentes dans l'offre et les stratégies de financement du secteur rural : échanges d'expérience et synthèse bibliographique"  (Lapenu, janvier 2008),

    Le passage du tout Etat à celui du tout "libéral"

    Dans les années 60-70, le financement du secteur rural et agricole était fondé sur une intervention étatique forte, s’appuyant sur des banques publiques de développement et une offre de crédit subventionné développée comme un « intrant » parmi d’autres, pour la production agricole. A partir des années 1980, l’échec de l’offre de crédit subventionné et la défaillance des Etats ont été mis en avant pour justifier la fermeture des banques publiques, la libéralisation du secteur financier et le développement de la microfinance.

    • Le financement du monde rural s'est-il amélioré pour autant ?
    En 2002, au cours du séminaire de Dakar, l’analyse de l’offre avait confirmé que la libéralisation des secteurs agricoles et financiers a abouti à une raréfaction et à un renchérissement de l’offre de financement agricole. L’offre publique s'est fortement réduite, et n’est que faiblement compensée par l’offre du secteur bancaire commercial.
    Le secteur de la microfinance s'est quant à lui développé en milieu rural, mais reste globalement fragile. En Afrique de l'Ouest, cette offre microfinance reste très centrée sur les zones agricoles sécurisées (zones de cultures de rente, filières intégrées, périmètres irrigués, etc) au détriment des zones d'agricultures vivrières plus risquées et les crédits offerts sont essentiellement de court terme, ne répondant pas à la diversité des besoins exprimés.

    Le mouvement de commercialisation de la microfinance avec une pression mise sur la rentabilité du secteur a accentué le retrait des zones défavorisées ou non sécurisées.

    Récemment pourtant, le secteur rural et agricole et la question spécifique du financement rural bénéficient d'une attention nouvelle face aux enjeux de croissance démographique, création d'emploi, gestion des ressources naturelles et plus récemment d'augmentation du prix des produits agricoles et de crise alimentaire mondiale (cf. "rapport sur le développement dans le monde, l'agriculture au service du développement", Banque Mondiale, 2008). Beaucoup d'institutions rappellent que l'accès à des financements ruraux adaptés est l'une des clés au développement du monde rural et agricole.

    Vers un nouveau paradigme du financement rural et agricole ?

    Face à l'échec du "tout Etat" et du tout "marché", on cherche, parallèlement à la définition de nouvelles politiques publiques, à développer aujourd’hui des approches pragmatiques, des synergies et complémentarités entre acteurs diversifiés, s’appuyant en particulier sur des partenariats Publics-Privés ou Privés-Privés, avec l'apparition de nouveaux acteurs : fonds spécialisés en microfinance, fonds internationaux de garantie, implication récente des agroindustries et des acteurs des filières agricoles. Il s’agit alors de construire des alliances stratégiques pour sécuriser les services financiers et favoriser leur accès par les acteurs ruraux.
    Les prémices de partenariats innovants existent mais restent à ce stade marginaux et pas suffisamment étudiés pour affirmer que l'on se trouve face à un véritable renouveau de la pensée du financement rural.

    • Rapprocher les deux entrées de la finance rurale et agricole : le secteur financier et la filière.
    Une première approche de la finance rurale et agricole prend le secteur financier comme point de départ et souligne le rôle important des institutions financières pour faciliter l’accès à une large gamme de services. L'autre approche se centre sur la filière ou "chaîne de valeurs" (value chain). Elle prend la filière de production comme point de départ soulignant les financements qui sont proposés tout au long de la chaîne agricole de valeur (par exemple les fournisseurs d’intrants, les transformateurs, les intermédiaires et les acheteurs) et les services financiers sont le plus souvent combinés avec des activités de commercialisation et éventuellement de l’assistance technique. C'est ce mode de financement qui a notamment dominé dans les filières de développement intégré avec le coton en Afrique et le café en Amérique Latine.
    L'une ou l'autre des approches présentent des avantages et des inconvénients respectifs et une voie pour améliorer l'accès aux financements ruraux consiste à stimuler les interactions entre acteurs du secteur financier et ceux des filières pour combiner leurs avantages comparatifs.

    Ces alliances peuvent prendre des formes diverses :

  • alliances qui se focalisent sur l’une des étapes de la filière (partenariats entre IMF et organisations de stockage, partenariats entre IMF et entreprises d’export),

    La CECO en Côte d'Ivoire : exemple de contrat pluripartite IMF/producteurs/fournisseurs d'intrants/acheteurs

    La Caisse d’Epargne et de Crédit (CECO) de Côte d’ivoire, est une IMF créée en 1991 et qui compte un peu plus de 5000 sociétaires. Afin de limiter ses risques tout en garantissant aux producteurs de riz irrigué et de noix de cajou, l’accès aux intrants et à un marché stable, la CECO, sur la base de l’identification des filières agricoles rentables, sélectionne les partenaires qui vont contribuer au système et lui apporter sa crédibilité (fournisseurs d’intrants, prestataires de services, transformateurs, etc.). La ligne de crédit n’est pas versée directement à l’emprunteur mais les services rendus et l’accès aux intrants sont directement facturés à la CECO qui sera remboursée au moment de la vente de la récolte

    Pour en savoir plus.

  • D’autres tentent d’intervenir sur l’ensemble de la chaîne : production et vente

    Modèle intégré : business model de Danone au Bangladesh

    Le projet Grameen Danone Foods Ltd. au Bangladesh est fondé sur un partenariat entre la Grameen Bank et le groupe Danone. L’objectif est de permettre la production, la distribution et la consommation locales d’un yaourt, le groupe Danone assurant la construction de l’usine et la production du yaourt.

    Dans ce dispositif, en facilitant l’accès à des mécanismes financiers, l’institution de microfinance (Grameen Bank) intervient à un double niveau :

    • en amont de la chaîne: auprès des producteurs de lait qui approvisionnent l’usine, ce qui garantit la stabilité du marché à Danone
    • En aval de la chaîne: auprès des femmes chargées de la distribution (vente au détail), création d’une nouvelle niche commerciale

    Pour en savoir plus.

  • Le cas spécifique des filières du commerce équitable

    Recherche d'alliance entre organisations de producteurs, importateurs et institutions de microfinance : la réflexion de Cerise/Agrofine

    Les filières de commerce équitable offrent aux producteurs non seulement des débouchés « viables » c’est-à-dire l’achat de leur production à des prix leur permettant de couvrir les frais de production (investissements, main d’œuvre, etc) et prévisibles mais elles apportent également une assistance financière sous forme de préfinancement. Cependant, ce préfinancement ne répond pas pleinement aux besoins financiers de la filière : volumes insuffisants, risques et formes de garanties insuffisantes, problèmes de gestion au niveau des organisations de producteurs agricoles.

    Une alliance avec le secteur de la microfinance, peut dans ce cadre apporter des garanties de bonne gestion aux importateurs de la filière et permettre de diversifier les sources de financement, notamment de financer les besoins non couverts par la filière commerce équitable.

    Pour en savoir plus.


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    • Restructurer les banques de développement sur la base de partenariats public-privé
    A l’heure actuelle, les banques de développement reviennent sur le devant de la scène : les IMF ne peuvent pas à elles seules fournir l’ensemble des services financiers ruraux. On note ainsi un infléchissement pour une « réhabilitation » des banques agricoles publiques qui peuvent, avec une forme de privatisation, créer des partenariats publics – privés (« public private institution ») qui répondent aux besoins de la finance rurale et agricole. L’exemple de Banrural au Guatemala est cité comme une banque publique défaillante transformée avec succès, fonctionnant aujourd’hui avec un modèle de gouvernance innovant (contrôle par des actionnaires privés diversifiés – organisations de producteurs, ONG, PME, public, employés - le secteur public ne contrôlant plus que 30% des actifs).
    • Stimuler les partenariats entre Banques commerciales et institutions de microfinance
    Les banques commerciales peuvent refinancer et appuyer les IMF qui interviennent en zones rurales en s’entourant d’un réseau d’acteurs qui crée des synergies rassurant sur la solidité des IMF. Ce réseau se fonde alors sur un partenariat à long terme (IMF, banque commerciale, bailleur, assistance technique, etc.) et une proximité géographique : ce sont les filiales dans les pays qui refinancent les IMF.

    L’expérience de la BICIGUI (BNP Paribas) en Guinée Konakry

    La BICIGUI a adopté, depuis 2001, deux partenariats réussis en microfinance à travers une intervention directe (PRIDE Finances), et à travers une intervention en refinancement des besoins (CRG).

    Pour la banque, c'est l'occasion de développer les emplois sur une contrepartie de qualité, et d’autre part, de favoriser le développement de mécanismes financiers en direction du secteur informel qui se traduira à terme par une nouvelle clientèle pour le secteur formel.

    Le partenariat avec le CRG, se fonde sur une longue collaboration (depuis le projet en 1989 lors de sa création) et dépasse la simple relation de clientèle : conseil en informatique, en logistique, etc. L'accès à la ligne de refinancement de la BICIGUI permet au CRG un allègement de la trésorerie, des disponibilités de ressources pour l’octroi de crédits et une meilleure croissance des produits financiers. Parallèlement, ce partenariat consolide son image vis à vis de la clientèle et du système bancaire.

    Le partenariat avec PRIDE Finances se fonde sur un protocole d’accord sur le financement conjoint de microprojets des clients du PRIDE dont les demandes dépassent les seuils de crédits habituellement accordés par le PRIDE. Ce partenariat se traduira à terme par une nouvelle clientèle (formelle) pour la banque lorsque le développement des activités et le niveau des besoins vont dépasser le cadre actuel.

    Pour en savoir plus.

    • La construction d'alliances entre IMF de petite taille
    Des études ont montré que la rentabilité des réseaux ruraux dépend largement des volumes (cf. coup de projecteur, septembre 2007 ). La taille d’un réseau, la taille de chaque caisse et la taille de chaque crédit sont déterminantes pour le niveau de rentabilité. L’atteinte d’une masse critique est indispensable non seulement pour chaque réseau, mais aussi pour le bon fonctionnement de chaque caisse.

    Pour atteindre la taille critique, la question se pose d’une structure faîtière non dédiée à une IMF particulière et proposant ses services à la carte à plusieurs clients. Ce choix de diversité implique un risque pour l’IMF qui y a recours puisque la structure faîtière risque d’évoluer vers des créneaux plus rentables et se transformer en banque classique.

    Cette question emmène à une réflexion à conduire sur la constitution d’alliances entre réseaux d’institutions de microfinance régionales, intervenant à la fois en milieu rural dans une optique principale de prêteur et en milieu urbain comme collecteur d’épargne, soulignant de fait la difficulté à la fois de l’autonomie et même de la viabilité et de l’équilibre d’une intervention en milieu rural.

    La mise en commun de moyens entre IMF de petite taille est d'autant plus nécessaire si elles veulent pouvoir bénéficier de l'apport des nouvelles technologies. Voir la Focus Note n°46 du CGAP pour plus d'informations sur les apports des nouvelles technologies en microfinance.
    L’enjeu des nouvelles technologies porte à la fois sur les moyens de développer de nouveaux produits ou services (virements nationaux ou internationaux) et sur la possibilité d’améliorer la gestion des IMF (renforcer les outils et le contrôle interne) et baisser leur coûts (services bancaires à distance), et donc leur permettre de toucher des zones rurales jusque là délaissées.
    Ces solutions technologiques (ex. microfinance par téléphonie mobile) ont un coût d'investissement élevé qu'une IMF rurale de petite taille ne peut généralement pas supporter seule.

    • L'approfondissement des stratégies d'alliance entre organisations de producteurs/IMF

    Parmi les stratégies d’accès aux services financiers des organisations de producteurs agricoles (internalisation du service de crédit, création d'une institution financière fille, ou construction de partenariat avec une institution financière existante), la stratégie d’alliance avec une institution de microfinance est la voie privilégiée par les organisations professionnelles agricoles en Afrique, à Madagascar et en Amérique latine, même si dans la pratique, l'interaction entre OPA et IMF s'avère difficile.

    Dans ce contexte, le renforcement des partenariats entre les organisations professionnelles agricoles et les institutions financières et notamment les institutions de microfinance constitue un enjeu majeur pour le financement de l’agriculture.

    Dans cette optique, un guide conçu pour être un outil d’appui au renforcement du partenariat entre organisations de producteurs agricoles et ruraux et institutions financières est en cours de finalisation par les membres de Cerise avec le soutien financier de la Fondation Farm.

    Ce guide repose sur trois hypothèses (extrait de Cerise, 2008):

    • le partenariat entre OP et IF peut contribuer, par de nouvelles formes de coordination, à améliorer le financement de l’agriculture
    • ces deux types d’organisations étant aujourd’hui le plus souvent très éloignées l’une de l’autre, le partenariat n’est pas spontané, mais doit être construit
    • la consolidation des connaissances et des compétences des deux types d’organisations, peut aider à construire ce partenariat

    Il a pour objectifs de :

    • renforcer la capacité des OP et des IF à analyser les besoins et contraintes de financement des OP et de leurs producteurs
    • renforcer les capacités des OP à choisir un mode d’accès aux services financiers efficace et viable
    • donner aux OP et aux IF des outils pour construire un partenariat et renforcer l’accès des OP aux services financiers


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  • Développer des produits de microassurance au sein des IMF

    Développer des produits de microassurance au sein des IMF


    Outil d'aide à la décision et étude de cas

    Deux raisons peuvent pousser les IMF à vouloir diversifier leur activité vers un produit de microassurance :

    • améliorer la qualité de leur portefeuille de crédit en réduisant les risques de non-paiement causés par le décès ou la maladie
    • ou augmenter leur attractivité dans un contexte concurrentiel.

    Mais en développant une telle activité, les IMF font face à un certain nombre de difficultés inhérentes à l'activité d'assurance elle-même ou spécifiques au lien microfinance-microassurance. D'où l'intérêt pour une IMF qui souhaite se lancer dans la microassurance d'examiner préalablement au lancement de l'activité et en profondeur, les coûts et avantages de ce type d'activités.

    "Les articulations entre la microfinance et la microassurance" : une nouvelle publication du réseau français de la microfinance

    Le réseau français de la microfinance a publié, en février 2008, un document intitulé "les articulations entre la microfinance et la microassurance" qui propose aux IMF intéressées une grille d'analyse leur permettant de les accompagner dans leur prise de décision selon leur position sur le terrain et leur savoir-faire.

    Ce document présente plusieurs intérêts.
    Il reprend de manière pédagogique et synthétique un certain nombre de concepts de base en microassurance et revient notamment sur les trois postures possibles pour une IMF qui souhaite développer une telle activité :

    • développer un produit et le gérer en interne (être assureur),
    • proposer un produit développé par un assureur privé (être distributeur, c’est le modèle Partenaire-Agent)
    • mutualiser avec d’autres acteurs de terrain (structure en réseau).

    Le texte est régulièrement illustré d'exemples pratiques permettant de concrétiser le propos. Une trentaine d'expériences d'articulations entre microfinance et microassurance sont par ailleurs recensées en tant que telles, sous forme de fiches standardisées.
    Les difficultés liées à la microassurance santé sont abordées spécifiquement.
    Enfin le document propose trois notes techniques (en annexe) qui abordent de manière précise les implications opérationnelles, financières et réglementaires pour une IMF qui souhaite développer ce type de produits.

    Télécharger le document

    Prévoyance décès adossée au crédit : l'expérience du Centre d'Innovation Financière, Afrique de l'Ouest

    Dans le dernier numéro de la revue Autre Part, publiée par l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement) et intitulé "risque et microfinance", se trouve un article, écrit par Luc Vandeweerd de ADA qui présente en détail les étapes du développement d'un produit de prévoyance décès au sein des IMF membres du CIF (Centre d'Innovation Financière) en Afrique de l'Ouest. Cet article est intitulé : Développement de la micro assurance en Afrique de l’Ouest : un projet de recherche appliquée mené par le CIF avec une pluralité d’acteurs, ADA/KBC et DID/DSF.
    La revue n'est pas téléchargeable mais vous trouverez ci-joint la version PDF de l'article en question.

    En voici quelques extraits.

    Mise en place d'une assurance décès au sein des IMF membres du CIF

    L'origine
    Fin des années 90, les 6 réseaux membres du CIF font deux constats : croissance des impayés liés aux décès des membres emprunteurs, croissance de fonds de réserve spécifique dans les bilans des réseaux liés à diverses mesures de protection prises pour se prémunir contre ce risque.
    En 2000, face à ce double constat, une étude de marché sur les pratiques d’assurance est réalisée dans trois réseaux que sont RCPB (Burkina Faso), NYESIGISO (Mali) et PAMECAS (Sénégal) afin de dégager les besoins et le marché. Cette étude entre autres confirmait l’existence de produits simples de protection sur la vie liés au crédit et à l’épargne, renforçait la préoccupation financière des clients face à un décès, confirmait que les coûts reliés à un décès sont assumés par la famille et démontrait l’existence d’un potentiel pour rentabiliser cette pratique dans les réseaux.

    Le modèle
    De là, le CIF développe conjointement avec l'ONG Luxembourgeoise ADA, un projet d'expérimentation d'un produit de microassurance décès sur le modèle "structure en réseau" et en faisant appel à des compagnies d'assurance privée pour les besoins de réassurance et d'expertise technique (DSF-Canada et KBC -Belgique). Le produit "Régime Prévoyance Crédit" (RPC) est d'abord expérimenté, à partir de 2004, dans deux réseaux (FUCEC Togo et RCPB Burkina Faso) et après maints ajustements, répliqué sur l'ensemble des 6 réseaux membres du CIF à partir de 2007.

    Le produit
    Le RPC est une assurance de groupe obligatoire pour tous les emprunteurs individuels avec un prélèvement automatique de la prime lors de l'octroi de crédits.
    Le RPC accorde donc deux protections : une protection de base de 152 € (100.000 FCFA) en cas de décès ou d’invalidité totale et permanente pendant la durée du crédit et une protection du crédit, correspondant au solde du crédit, indépendamment de l’apport personnel ou de l’épargne nantie. La protection de base constitue l’originalité du produit. Elle résulte de l’étude des besoins de la clientèle et de l’inventaire détaillé des pratiques informelle d'assurance réalisé dans le cadre du projet de recherche appliquée au sein des 6 réseaux. Les premières enquêtes de satisfaction auprès des familles concernées - familles ayant donc connu un décès, démontraient du bien fondé de cette protection additionnelle.
    La cotisation est de 0,075% par mois auquel s'ajoutent des frais fixes de 1500 CFA (2,3€) pour la protection de base et l'ouverture du dossier.

    La perception des clients
    Dans les établissements de crédit, l’assurance est généralement considérée comme quelque chose d’annexe ou de secondaire au contrat de crédit. Au niveau du RPC en particulier et en microfinance/microassurance en général, cette perception est encore plus accentuée car ce qui compte avant tout pour le demandeur du prêt c’est le dénouement rapide du prêt sollicité et donc l’accès direct aux liquidités que le contrat de prêt va lui procurer, quitte à ne pas trop s’appesantir sur les conditionnalités du prêt dont dans le cas d’espèce, la signature du contrat d’assurance RPC.
    Selon les agents de crédit questionnés à ce sujet, il n’est pas rare que les clients emprunteurs reviennent chez eux quelques jours après la conclusion du prêt et les interrogent par exemple sur le montant de la prime adossée au montant du prêt et le pourquoi du paiement obligatoire de la protection de base. Mais une fois les explications fournies, le produit est généralement accepté et ses mesures de protection appréciées. La prime est alors considérée comme un investissement : « je paie un peu de sous pour que ma famille ne soit pas embêtée en cas de problèmes ».

    Résultats à fin septembre 2006
    INDICATEURSRCPBFUCECCIF
    Indicateurs de croissance
    Nbre d’assurés en cours 29 096 19 694 48 790
    En cours assuré ( €) 21 008 974 20 750 646 41 759 620
    Primes acquises (€) 106 353 153 960 260 313
    Indicateurs d’efficacité
    Délai de déclaration (cible <30jours) 6 53 29,5
    Délai de transmission (cible <15jours) 39 3 21
    Délai de paiement (cible <15jours) 13 16 14,5
    Provisions actuarielles (€)
    Provisions mathématiques totales 288 924 296 639 585 563
    • Provisions pour sinistres
    153 402 158 462 311 864
    • Provisions pour remb. Anticipés
    18 901 20 910 39 811
    • Provision pour frais de gestion
    116 621 117 267 39 811
    Marge de solvabilité1 14 446 14 832 29 278
    Indicateurs de sinistralité
    Nbre de sinistres décès 12 32 44
    Montant des sinistres décès (€) 15 392 31 928 47 320


    1Marge réglementaire exigée pour les branches vie des sociétés d’assurance

    Selon les projections et les études prospectives réalisées à partir des volumes d’affaires actuels des réseaux RCPB et FUCEC, pour un investissement commun de 500.000 € dont 240.000 de recherche appliquée et 260.000 pour le programme de réplication à l'ensemble des réseaux, l’action permet d’escompter un résultat net cumulé sur trois années de 3.478.000, € soit 7 fois le montant de l’investissement externe.

    Pour en savoir plus :

    Dossier thématique Microassurance du Portail.

    Ce dossier très complet comprend notamment une bibliographie fouillée sur les principales références documentaires disponibles en français sur le thème de la microassurance. 

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