@rib News, 19/10/2008 – Source PANA

Le ministère burundais de l'Intérieur et du Développement communal a pris, jeudi, une ordonnance portant suspension de toutes les activités de l'"Eglise source de vie" du Burundi pour s'être transformée "illicitement" en un établissement de microfinance et escroqué des centaines de fidèles, apprend-on de source officielle à Bujumbura.

Des fidèles de Bujumbura, la capitale du Burundi, Gitega et Mwaro, ont porté plainte pour escroquerie contre une église qui n'a jamais honoré ses engagements de doubler la mise au bout d'un mois d'épargne, disent les victimes.

L'affaire se trouve actuellement entre les mains de la Police qui aurait déjà appréhendé une dizaine de responsables de l'église que les détracteurs appellent désormais "Source de misère" pour avoir confondu sciemment l'aumône et l'épargne.

Le cas n'est malheureusement pas isolé et, dans un passé encore récent, des milliers d'autres déposants ont fait les frais de "gentils escrocs" insoupçonnés, cachés à l'intérieur d'"Amani microfinance" ou encore chez "Burundi Direct" qui promettaient, tous deux, la lune à leurs clients naïfs, est venu rappeler à la presse, le chef de cabinet du ministère de l'Intérieur et du Développement communal, Aimé Nkurunziza.

Dans l'état actuel des choses, 27 établissements de microfinance fonctionnent normalement, avec l'autorisation de la Banque centrale du Burundi.

Le secteur florissant a longtemps souffert de l'absence de cadre légal et ce n'est que sous le nouveau régime qu'un décret est venu réglementer et mettre de l'ordre dans les activités de la microfinance nationale.

Dans l'énoncé des motifs, le récent décret revient sur la nécessité d'"assurer à l'ensemble de la population burundaise un accès sécuritaire à des services financiers de proximité, de développer des institutions de microfinance saines et professionnelles et de structurer en conséquence le secteur de la microfinance dans le pays".

Alors qu'il n'est pas exigé de capital minimum pour les établissements de première et troisième catégories, le décret impose, par contre, un capital minimum de 200 millions de Francs burundais (près de 200.000 dollars US) à la deuxième catégorie de microfinance.

Toute coopérative d'épargne et de crédit doit, en outre, compter au minimum 300 membres ayant souscrit et libéré leurs parts sociales, poursuit le décret.

Concernant les profits, les établissements doivent adopter une structure de taux d'intérêt qui leur permet simplement de couvrir leurs charges d'exploitation, y compris le coût du capital et les pertes sur les prêts et d'assurer la pérennité des activités.

Tout établissement doit, en plus, maintenir, en tout temps, un ratio minimum de liquidités de 15% entre les valeurs disponibles et mobilisables à court terme et le montant total des dépôts, balise encore prudemment le décret.

Par ailleurs, tout établissement a l'obligation de constituer une réserve représentant 20% des excédents nets en fin d'exercice à affecter aux fonds propres, sans limitation de durée et de montant.

L'article 54 du décret stipule encore qu'un établissement ne peut accorder des crédits à une même personne ou à un groupe de personnes pour un montant excédant 2,5% du volume total des dépôts faits auprès de cet établissement de microfinance, à l'exclusion des risques pris sur ressources affectées qui incombent au bailleurs de fonds.

Le décret stipule en outre que les établissements de microfinance sont assujettis à des normes prudentielles, à des rapports financiers annuels et des visites d'inspection de la banque centrale.

Le texte du décret empêche enfin les individus impliqués dans des faillites ou gestions douteuses de "posséder, diriger ou contrôler" un établissement de micro finance.