23 octobre 2008
Crise financière/Microcrédit: inquiétude parmi des acteurs dans les pays pauvres
Paris (AWP International) - Aux prises avec les premiers effets de la crise financière mondiale, de petits acteurs du microcrédit de plusieurs continents ont exprimé leurs inquiétudes vendredi à Paris à la veille de l'ouverture de la semaine de l'épargne solidaire (18 au 25 octobre).
"L'un des premiers effets de la crise sur nous, c'est que le coût de l'argent augmente, les taux d'intérêt monte et nous avons donc beaucoup de mal à trouver les ressources dont nous avons besoin", explique Lulzim Sadrija, Directeur de Krediti Rural i Kosoves (KRK), institution de microfinance au service des populations rurales du Kosovo.
S'exprimant lors d'une conférence de presse organisée par le Comité contre la faim et pour le développement (CCFD), il souligne: "A terme, les taux d'intérêt pour les bénéficiaires des microcrédits vont augmenter aussi, ce sera vite intenable".
"Nous craignons aussi que la crise dans les pays développés ne fassent diminuer les sommes d'argent envoyées par la diaspora kosovare vivant en Suisse ou en Allemagne, réduisant ainsi les capacités financières des familles rurales", ajoute-t-il.
Sisaliao Svenguska, du Fonds coopératif (Laos), insiste de son côté sur "des diminutions de dons des bailleurs et une fragilité des banques qui pénalisent la microfinance".
Pour les institutions de microcrédit latino-américaines, "la crise financière mondiale a eu un effet immédiat en raison de l'ampleur des crises économiques que nous avons déjà traversées notamment en Argentine en 2001", renchérit Reynaldo Marconi, du Forum latino-américain et caribéen de finances rurales (FORO-LAC). "Il y a eu des fuites de capitaux, une réduction des épargnes".
Pour ce Bolivien, banquier de formation, "le risque à moyen terme, c'est la réduction des portefeuilles, une augmentation des taux de prêts et une hausse du non remboursement".
Mais selon M. Marconi, il faut distinguer deux types d'institutions de microfinance. "Celles qui ont une vision commerciale et se financent sur des fonds spéculatifs comme Compartamos au Mexique vont être très touchées par la crise mondiale", dit-il. Car depuis l'attribution en 2005 du prix Nobel de la paix au champion de la microfinance Mohammed Yunus, le secteur, qui peut être très rentable en raison de taux d'intérêt très élevés, a attiré les convoitises de capitaux étrangers, de grandes banques et de grands fonds d'investissement.
Au contraire, les institutions de microcrédit qui "obéissent à un objectif social et travaillent avec des ressources locales ne seront pas fortement affectées", juge-t-il.
La Caisse de crédit rural pour le développement basé au Nord-Kivu (est de la République démocratique du Congo - RDC) qui permet à 25.000 personnes de gérer de petits projets dans un contexte de guerre est de la seconde catégorie. "Nous essayons d'échapper à la crise mondiale en restant au niveau le plus rural possible, dans l'économie réelle", explique son directeur Stanislas Litembo.
"Nous sommes témoins aujourd'hui à travers la crise des effets d'une économie qui n'avait d'autre finalité qu'elle-même", commente Geneviève Guénard, directrice financière du Comité contre la Faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire), qui célébrait vendredi les 25 ans du fonds commun de placement de partage Faim et développement.
"Il est sans doute nécessaire aujourd'hui", ajoute-t-elle, "de se pencher sur la microfinance solidaire qui poursuit des objectifs sociétaux, sociaux et environnementaux, pour en tirer des leçons pour l'ensemble de l'économie".
ds
AWP
Commentaires
Nous avons la solution !
Des voix prétendent que la crise financière est passée, qu'elle est derrière nous! que nous devons nous concentrer sur l'économie réelle! C'est FAUX!
Avec tous ces plans fous de renflouement et de sauvetage du cadavre, nous sommes au bord d'une grave crise HYPERINFLATION généralisé.
Il est donc grand temps de parler sérieusement de la Solution.
Le système financier est MORT!!! Nous devons le mettre en faillite! et le changer!
Les citoyens doivent se battent afin que la réunion autour de la crise financière prévu au Etats Unis le 15 novembre 2008 à Washington pose les premiers jalons d'un VRAI Nouveau Bretton woods.
Cette dangereuse crise doit être utilisé comme tremplin pour l'avènement d'un nouvelle ordre économique juste et mettre fin à la tyrannie des intérêts financiers et de la spéculation.
David C.
david.cabas.over-blog.fr
Nécessité d'une aide globale
Il est évident que les effets de la crise sont difficilement mesurable sur le long terme.
La crise fianciere a eu une répercution sans précédent sur la plupart des secteurs de l'économie.
Les pays les plus pauvres seront évidemment plus durement touchés.
Le rôle des ONG et du FMI devient prépondérant pour venir en aide à des pays très affaiblits par ce contexte économique.
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