Le blog d'Eric NGENDAHAYO

Tout ce que vous voulez savoir sur la microfinance au Burundi : Les derniers évènenements, les ouvertures et les fermetures d'IMFs, la réglementation,les travaux de recherche, les défis et les enjeux actuels du secteur. (eric.ngendahayo@yahoo.fr)

05 décembre 2008

Fausse Microfinance au Burundi : Le nettoyage continue

Tous les jours ouvrables, une foule nombreuse massée à l’Est du marché central de Gitega. Ce sont les anciens clients qui avaient investi dans les institutions de « micro finances » aujourd’hui à l’arrêt pour « exercice illégal ». Les anciens épargnants réclament leur argent. Ils sont furieux et envisagent de paralyser, dans les prochains jours, les activités à Gitega. Le ministère de l’Intérieur jette le tort aux gouverneurs de provinces. Ces derniers somment les pasteurs de rembourser. Les pasteurs incarcérés réclament leur libération pour payer leurs clients. Voyage au cœur d’un scandale que tous les créanciers avaient prédit. Solidarité Mutuelle pour le Développement communautaire (SOMUDECO) de Rashid Selemani, Projet d’Appui aux Initiatives d’Auto- Développement (PAIAD- REMA) de Patrick Masabo, Association GIRIMBABAZI de Donatien Mbazumutima, Groupement TERIMBERE de Sébastien Ndikumana, Projet d’Entraide et d’Auto- Financement (PEAF) de Ernest Nkeshimana, Initiative pour le développement communautaire (IDC) représenté à Gitega par George Boniface Nijimbere, Communauté chrétienne Eglise de la Repentance (CCER) d’Emmanuel Nkezabahizi. Telles sont les dénominations des micro finances fermés et leurs représentants qui sont pour le moment incarcérés à la prison centrale de Gitega. André Tambu et Joachim Mvuyekure dirigeaient des antennes. Le premier, celle de TERIMBERE et le second de GIRIMBABAZI. Les clients investissaient de 2 000 à 220 000Fbu et recevaient le double, c’est-à-dire 4 000 à 440 000Fbu, après une période de 1à 4 mois. Certains ont vendu leurs maisons, voitures, parcelles, le bétail pour y investir. 10 septembre, toutes ces associations sont tombées en faillite. La police a arrêté et mis dans la prison centrale de Gitega sept de ces pasteurs. Ils sont accusés d’escroquerie. Emmanuel Nkezabahizi, n’a pas été appréhendé. Il est en cavale, aujourd’hui, selon le gouverneur de Gitega. George Nijimbere de l’IDC- Gitega n’a pas été emprisonné. Il travaille pour son chef basé à Bujumbura, selon Edouard Ndihokubwayo, procureur Général près la Cour d’Appel de Gitega. Beaucoup d’experts avaient été inquiétés par le remboursement du double de l’investissement du client au bout de quelques semaines. Dr Louis Ndikumana, économiste formé à l’Université de Louvain (en Belgique) avait parlé de miracle. Même avis avec Yves Ntivumbura, chargé du service des micro finances à la Banque de la République du Burundi (BRB) qui ajoutait que même les grandes banques n’en sont pas capables. Le ministre V. Kamana« Le tort revient aux Gouverneurs » Les gouverneurs de province n’ont pas été diligents pour enquêter rapidement sur ces cas-là, selon Venant Kamana, ministre de l’Intérieur. Il fait savoir que lorsque la Banque Centrale le saisit d’un cas d’une association sans but lucratif (ASBL) qui s’adonne à une activité de micro finances à l’intérieur du pays, il se réfère d’abord aux autorités locales ou territoriales où ces activités sont menées. « Je n’ai pas agi avec retard », affirme-t-il. Désormais, ajoute le ministre, les autorités provinciales vont informer la population sur ce genre d’activités. Il précise que si ces « escrocs » ont dissimulé l’argent épargné par la population, leurs biens seront saisis et réalisés le jour où les jugements seront intervenus. Les clients s’en prennent à l’administration Leurs réclamations tendent à la violence. Ils ne demandent que leur argent sans intérêt. G.N prie le président de la République de prendre l’affaire en mains et de satisfaire la population en difficulté. Pour F.K, dans les prochains jours, les clients victimes vont paralyser les activités du marché et celles de l’administration. Il accuse le gouverneur de la province de Gitega, Selemani Mossi, de ne pas s’impliquer sérieusement dans la poursuite de l’affaire. Il affirme que les clients sont prêts à affronter la police si elle les empêche de manifester leur colère. Selon L.B, que ces pasteurs soient libérés temporairement pour rembourser à chacun, ne fût- ce que la moitié de son investissement. Pour lui, la population ignore l’autorisation de fonctionnement des micro finances par la Banque Centrale: « Quand nous voyons un papier cacheté, nous croyons à l’authenticité de l’institution. Il appartient à l’administration de nous mettre au courant. » Quant à E.N, le gouverneur de Gitega a informé tous ceux qui ont vendu leurs propriétés foncières dans le but d’investir dans ces associations qu’elles leur appartiennent encore. Il ajoute que Selemeni Mossi a demandé à toutes les femmes qui risquent de divorcer parce qu’elles ont investi l’argent familial à l’insu de leurs maris de venir se faire inscrire chez lui pour leur trouver une solution favorable. D.K, un policier client du PEAF, signale que la loi empêche aux forces de l’ordre de se soulever. N’eût été cette contrainte, ajoute-t-il, nous allions agir violemment. P.N, son collègue précise que le moment de réclamer venu, il saura quoi faire : « quand la colère devient extrême, on choisit la violence. » Léonie Nahimana, 50 ans, a fui son ménage. Elle est de la colline Rweza, zone Mungwa en commune et province Gitega. Longin Sinzinkayo, son mari a 56 ans. Il signale que sa femme avait contracté une dette de 180.000 Fbu pour la placer dans l’association TERIMBERE. Quant elle a été fermée, Léonie a abandonné son mari et ses sept enfants. Ils ne savent pas actuellement où elle est, ni dans quel état elle se trouve. « Mon fils Nepo a dû interrompre son chantier de construction d’une maison d’habitation pour payer la dette de sa mère. Il se prépare au mariage », signale tristement Longin. Certaines sources disent que Léonie se serait suicidée. Les pasteurs demandent la liberté provisoire Les sept pasteurs en prison se croient victimes de « leur initiative de développement ». Ils demandent la liberté provisoire avant de rembourser l’argent de leurs clients. Ils accusent le Procureur Général près la Cour d’Appel de Gitega, Edouard Ndihokubwayo, d’avoir détourné 26 millions de Fbu appartenant à leurs associations. Ils s’inquiètent aussi de voir le Gouverneur de Gitega, Selemeni Mossi, vouloir prendre les choses en mains « alors que l’affaire est en justice.» « Ce qui fait traîner le remboursement», signalent- ils. Ils font savoir qu’il y a, à la prison centrale de Gitega, des prisonniers mutés de Ruyigi, juste après leur emprisonnement. Selon eux, ces mutés les menacent avec des couteaux, la nuit. Ils remarquent qu’ils sont au service de l’administration de Gitega. « Ils doivent rembourser les victimes » Edouard Ndihokubwayo signale que la Justice va saisir leurs biens d’ici peu pour rembourser les victimes. Il affirme que la détention de ces pasteurs est une forme de les protéger. Il réfute l’accusation de détournement de 26 millions de ces associations. Il affirme avoir réclamé 22 millions pour les clients qui lui ont présenté leurs reçus. Ils sont accusés, selon Edouard Ndihokubwayo, d’escroquerie et d’avoir travaillé illégalement. Il signale que l’escroquerie est une infraction passible de 5 ans d’emprisonnement. Selemani Mossi, Gouverneur de Gitega, au centre du pays promet de tout faire pour satisfaire les réclamations de la population. Il signale que ces pasteurs ne seront libérés qu’après avoir retourné l’argent de leurs clients. « Si ces derniers se révoltent, nous saurons comment nous y prendre », affirme Selemani Mossi. Il espère que la population de Gitega ne va pas digérer les soulèvements. . Jean Claude Bitsure jbitsure@iwacu-burundi.orgCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir Dernière mise à jour : ( 02-12-2008 )

Posté par ngenderic à 13:45 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

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Posté par vincent, 06 mai 2009 à 19:03

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