Burundi - Economie

 

Les banques burundaises donnent raison aux anciens commerçants du marché central de Bujumbura

 

Bujumbura, le 14 octobre 2013 (Net Press). Après le feu du 27 janvier 2013 qui a réduit en cendres l’ancien marché central de Bujumbura, l’opinion burundaise a su que la plupart des commerçants de ce marché gardaient leur argent dans leur stand au lieu de le verser sur des comptes bancaires. Cette thésaurisation de fait s’expliquait selon la même opinion par deux raisons. D’une part, c’était une façon d’éviter que leurs dépôts bancaires soient imposés par l’office burundais des recettes (Obr). Le ministère des finances venait d’annoncer peu avant le feu du marché central, que le trésor public imposera à une certaine hauteur, tout propriétaire d’un compte bancaire qui héberge une somme de Bif 2 millions ou plus. D’autre part, c’est la lenteur qui caractérise les banques et micro-finances opérant dans notre pays qui justifiaient cette thésaurisation pratiquée par des commerçants de notre pays. Malheureusement, conserver des montants colossaux sur soi présente beaucoup d’inconvénients dont celui qu’a connu l’argent qui était conservé dans les stands du marché central de Bujumbura, le dimanche noir du 27 janvier dernier.

 

Pour comprendre à quel point les opérations de ces institutions financières locales découragent l’épargne bancaire, il suffit d’aller verser ou retirer de l’argent dans l’une d’entre elles durant ce week-end prolongé. Depuis le samedi 12 octobre 2013, la plupart des institutions font le service minimum, elles ouvrent deux ou trois agences pour travailler là aussi de 9 heures à 14 heures. L’épargnant qui arrive à 14 heures 2 minutes n’a pas droit d’entrer, le service de gardiennage ferme la porte et ce dernier n’a qu’à aller quêter famine ailleurs alors que son compte bancaire est bien garni. Il en est de même pour un commerçant qui voulait retirer de l’argent pour aller faire le lendemain des achats à Kampala ou ailleurs. Même ceux qui ont la chance d’être enfermés à l’intérieur font une file indienne parce qu’un seul ou deux guichets sur 5 voire 6 disponibles sont opérationnels. Parmi ceux-là, il y en a qui viennent pour le versement et d’autres pour le retrait. Et les premiers auront les mêmes ennuis quand ils reviendront pour retirer l’argent déposé.

 

Là on parle des établissements qui assurent au moins  le service minimum, il y en a d’autres qui « profitent » des congés officiels à l’instar des fonctionnaires de l’Etat pour dormir et « se reposer » cette journée chômée et payée. Pour le cas présent, ils ont fermé les portes samedi à 14 heures et comptent les rouvrir le matin du mercredi 16 octobre 2013. Notre analyse malheureuse ne s’intéresse uniquement qu’à ce secteur autour duquel tourne l’économie nationale sinon la situation est alarme dans tous les secteurs du pays. Toutes les personnes rencontrées dans différents milieux détestent ce week-end prolongé. Même ceux qui ne connaissent pas de problèmes financiers regrettent qu’ils dépensent beaucoup d’argent dans la consommation des boissons alcoolisées (faute d’avoir d’autres chats à fouetter). Dans un pays à économie faible comme le Burundi, le changement de comportement est plus qu’une nécessité. Au cas contraire, notre pays restera classé parmi les plus pauvres du monde jusqu’au retour de Jésus Christ ou à la fin du monde.