Le blog d'Eric NGENDAHAYO

Tout ce que vous voulez savoir sur la microfinance au Burundi : Les derniers évènenements, les ouvertures et les fermetures d'IMFs, la réglementation,les travaux de recherche, les défis et les enjeux actuels du secteur. (eric.ngendahayo@yahoo.fr)

25 juillet 2009

Jean-Marie Rurimirije revient sur la genèse des cinq ans de la Mutec

J-M Rurimirije : « En finir avec le mal burundais des 3I : Ishari, Inzigo, Insaku »

Entretien exclusif le correspondant d' ARIB.INFO à Bruxelles

Rurimirije le 4 juillet au Palais des Beaux Arts (Bozar) à BruxellesIl y a quelques jours, les médias burundais rapportaient qu’après 5 ans d’existence la banque de microfinance Mutec (Mutuelle d'Epargne et de Crédit) a été choisie par Human Sources Africa (H.S.A) comme micro finance de référence en Afrique. La nouvelle a été annoncée à l’occasion d’une visite au Burundi de Mustafa Niasse (ancien Premier Ministre sénégalais) et Pierre Asash successivement Président Fondateur et ADG de H.S.A.

Le Président Fondateur de Mutec, M. Jean-Marie Rurimirije, était de passage cette semaine en Belgique, où il a participé à la remise du Prix de la Culture, attribué à titre posthume à feu Albert Nimbona, lors de l’événement "Burundi, cœur d’Afrique au cœur de l’Europe" qui s’est déroulé samedi dernier 4 juillet à Bruxelles.

A cette occasion, nous avons pu rencontrer M. Rurimirije et sollicité un entretien axé sur les cinq ans de la Mutec et ses tous derniers développements. Fort discret depuis sa nomination comme Conseiller principal Chargé de missions auprès du Président de la République du Burundi, c’est devant notre insistance que M. Rurimirije nous a donné rendez-vous le surlendemain afin de répondre à nos questions.

Voici l’intégralité de cet entretien riche en enseignements.

John Chris invite M. Jozef Smets, Ambassadeur de Belgique au Burundi, M. Jean-Marie Rurimirije, Conseiller principal chargé des missions à la présidence, et l'ambassadeur Kavakure à remettre le prix de la Culture décerné à titre posthume à feu Albert Nibona Quelle signification doit-on donner à votre présence avant-hier à la cérémonie "Burundi, cœur d’Afrique au cœur de l’Europe" ?

Ma présence n’avait rien de particulier. C’est en tant que lauréat du "Golden Amahoro Iwacu 2008" qu’on m’a invité à venir remettre le prix de cette année et c’est avec grand plaisir que j’ai accepté. En plus, je suis toujours membre de la diaspora burundaise de Belgique, je me devrais d’être présent à cet événement.

On apprend que la Mutec vient d’être choisie par Human Sources Africa comme micro finance de référence en Afrique, quel parcours depuis cinq ans ?

Cinq ans pour en arriver là où nous en sommes aujourd’hui ce n’est pas long et beaucoup de choses ont été réalisées pour aboutir à cette étape.

Alors passons en revue ces différents moments de l’histoire de la Mutec. Au commencement ce fut semble-t-il la Codibu ?

En réalité c’est avec la Mutualité des Grands Lacs (MGL) que tout a commencé. Vers la fin des années ’90, au cours de mes nombreux déplacements vers le Burundi, j’ai été confronté à de nombreuses sollicitations de la part de mes compatriotes de la diaspora, pour envoyer un peu d'argent ou un colis à la famille restée au pays.

En 2001, devant le nombre grandissant de personnes qui ne cessaient de me solliciter, j’ai eu alors l'idée de mettre sur pied une association pour connecter la diaspora à la vie du pays d'origine en organisant l'acheminement de colis et aides financières aux membres de leurs familles demeurées au pays. Ainsi naquit la Mutualité des Grands Lacs, MGL en sigle, une association sans but lucratif (asbl) qui se voulait un cadre de solidarité et d'entraide mutuelle.

Jean-Marie Rurimirije et l'Ambassadeur Kavakure remettent l'écharpe aux couleurs nationales au représentant de la famille d'Albert NibonaEt comment fonctionnait-il ?

Avec la MGL nous avons mis en place un système classique d'envoi d'argent à un taux plus accessible, pour la diaspora, par rapport aux taux habituellement pratiqués sur le marché. Dans un premier temps, la MGL va organiser les envois à partir de la Belgique, par la suite il y eut une extension à la France, les Pays-Bas, la Suède et la Grande Bretagne. A ses débuts, la MGL fonctionnera avec un bureau de liaison à Bujumbura, mais avec le nombre grandissant des transactions, la MGL conclut un partenariat avec la SBF, Société Burundaise de Financement.

Au sein de la MGL, nous avons alors étendu nos activités pour stimuler l'emploie au sein de la jeunesse de la diaspora burundaise de Belgique, et promu dans les bâtiments qui abritent la MGL plusieurs activités et permettant ainsi l'encadrement de plusieurs jeunes de la diaspora tout en leur procurant un "coup de pouce" financier. On y retrouve un "Salon de coiffure", un très grand espace "Parking sous surveillance", un "Garage automobile" et un "Car-wash". Jusqu’aujourd’hui près d'une dizaine de jeunes s'activent quotidiennement à toutes ses tâches.

Et la Codibu dans tout ça ?

Jean-Marie Rurimirije dans son bureau au début de la MGLDevant le succès grandissant de la MGL et afin de limiter encore les frais d'envoie de petites aides financières, nous avons décidé de créer au sein de la MGL un projet dénommé "Coopérative de la Diaspora Burundaise", CODIBU en sigle, qui va fonctionner par un système d'adhésion.

Ainsi la CODIBU va permettre de supprimer pour ses membres, moyennant une cotisation mensuelle de 5 Euros, tout frais d'envoi monétaire vers le pays, quel que soit le montant, développant  par là même les canaux d'acheminement de l'assistance aux familles restées au pays.

Outre cette facilitation concernant les transactions financières, la CODIBU va mettre sur pied un système d'épargne solidaire pour ses membres permettant notamment de petits prêts d'urgence en cas de coups durs financiers passagers et capable de financer de microprojets au pays afin de créer une présence participative et active de la diaspora dans la reconstruction et le développement de leur pays d'origine.

Afin de diminuer les frais de transport, la MGL a conclu avec un transporteur aérien la rétrocession de volumes bimensuels de fret aérien pour ses affiliés, aux fins de l'expédition de colis au pays. Et pour éviter la lourdeur des procédures de dédouanement, a été mise en place "la CODIBU Agence Plus". Ainsi les colis envoyés par les membres de la diaspora étaient regroupés avec comme résultat un coût de transport extrêmement réduit.

Au Burundi la "CODIBU Agence Plus", agréée au mois d'août 2004 par le Ministère des Finances, se chargeait du dédouanement et assurait ensuite un service "porte à porte" de remise aux destinataires dès que les frais sont payés. La "CODIBU Agence Plus", aujourd’hui mise en veilleuse, faisait aussi des achats de marchandises sur commande et les fait livrer au pays, évitant ainsi les frais de voyages aux commanditaires.

Pourquoi en veilleuse ?

Parce qu’à ce moment nous avons lancé un nouveau projet qui nous tenait à cœur et qui a accaparé toute notre attention et notre énergie. En effet, constatant que le système bancaire classique avait les portes fermées aux pauvres, nous avons, avec le concours de partenaires privés locaux, lancé au Burundi la "Mutualité d'Epargne et de Crédit", MUTEC en sigle.

C’est donc ainsi que naquit la Mutec. D’où l’idée vous est-il venue ?

Paersonnel de la Mutec au défilé lors de la fête nationale à BujumburaNous n'avions pas oublié les "petites gens" du pays et avons décidé de "rompre le cercle vicieux de la pauvreté par l'Epargne-Crédit". Nous nous sommes inspirés du modèle de la "Grameen Bank". Lancée en 1983 au Bangladesh par l'universitaire Muhammad YUNUS, le père du micro-crédit, la "Grameen Bank" voulait casser le cercle vicieux "bas revenu, peu d'épargne et peu d'investissement" pour enclencher une spirale vertueuse "bas revenu, injection de crédits, investissements, plus de revenus, plus d'épargne, plus d'investissement, plus de revenus". (NdlR : Grameen signifie "paysan" ou "rural" en bengali)

Et comment la Mutec a-t-elle était accueillie sur place ?

L’initiative a été bien accueillie par les pouvoirs publics locaux. En date du 13 mai 2004 l’autorisation de fonctionnement sera délivrée par les autorités burundaises et le 23 juillet de cette année eut lieu à Bujumbura le lancement officiel des activités de la MUTEC, lors de l’inauguration de son siège de Bujumbura par le ministre du Développement communal de l'époque, M. Cyrille Hicintuka.

Au pays, le succès de la MUTEC ne s'est pas fait attendre. A partir de 7000 Fbu (moins de 5 Euros) on peut ouvrir son compte à la MUTEC, l'un des tarifs les plus accessibles sur le marché bancaires du pays. Le public cible de la MUTEC est constitué par les petits épargnants relégués en marge du système bancaire classique et qui ont placé tous leurs espoirs dans la MUTEC.

Qu’est ce que la Mutec a apporté de plus au Burundi ?

Jean-Marie Rurimirije lors du Symposium sur la microfinance au Burundi tenu à Rotterdam au Pays-BasEn décembre 2005, lors du Symposium sur la microfinance au Burundi tenu à Rotterdam au Pays-Bas, nous avions annoncé que la MUTEC procédera à la baisse du taux d’intérêt à partir de janvier 2006 sur les crédits octroyés aux clients, passant de 18% à 14%. Nous l’avons fait ! Voilà ce qui a réjoui ceux qui nous ont fait confiance, au moment où ailleurs les taux se maintenaient à plus de 20%. Aujourd’hui les banques classiques de la place ont été obligées de suivre le mouvement à la baisse.

Comment justifiez-vous cette réduction spectaculaire du taux d’intérêt ?

Tout dépend de l’objectif visé, et, de surcroît, il faut être conscient qu’il ne sert à rien de prêter si les gens n’arrivent pas à payer. La MUTEC veut que les petites gens puissent obtenir un crédit, et puissent aussi le rembourser sans difficultés. J’ai aussi voulu répondre à l’appel lancé par les participants au Symposium de Rotterdam, pour qui il était inadmissible qu’on puisse appliquer des taux exorbitants pour une population appauvrie par plus de 12 ans de guerre.

Sur place, il y a certaines banques qui proposent actuellement des ouvertures de comptes à zéro franc. La Mutec serait-elle déjà dépassée ?

Si ces banques veulent aider la population burundaise en faisant une gratuite d’ouverture de compte, je ne peux que saluer cette initiative. Mais, j’ai malheureusement peur qu’il ne s’agisse en réalité que de la poudre aux yeux pour attirer de la clientèle aveuglée par des effets d’annonce publicitaire sans se rendre compte qu’il existe toujours des frais cachés qui compensent les frais d’ouverture. Ce genre d’opération équivaut pour moi à de l’arnaque.

Jean-Marie Rurimirije lors de la remise des African Award à BruxellesDe l’arnaque ? Le mot est fort. Pourriez-vous nous expliquer un peu plus ?

Ne vous y trompez pas, toute Banque vit de ses produits. N’oubliez pas qu’il y a toujours des frais de tenue de compte, qui équivalent à combien à votre avis ? L’achat du carnet de chèque et autres frais ? A vous d’investiguer et vous verrez. Je garde pour mémoire la Meridian Bank à l’époque, vous connaissez la suite.

Si ces banques veulent réellement aider la population burundaise, ils n’ont qu’à baisser les taux d’intérêt comme nous l’avons fait et que nous projetons de baisser encore une fois. La Mutec n’est en aucun cas dépassée car dans le système de la micro finance nous sommes des précurseurs au Burundi sur beaucoup de domaines.

Des précurseurs, dites-vous ?

Tenez, à notre arrivée toutes les IMF (NdlR : Institution de microfinance) utilisaient encore des fiches cartonnées. Nous avons révolutionné le secteur en introduisant en premier les logiciels bancaires au niveau des IMF.

Nous avons été les premiers à solliciter auprès du ministre des Finances l’élaboration de la Loi sur la microfinance au Burundi, loi qui n’existait pas avant notre arrivée, ce qui occasionnait tous les cafouillages qu’on a connu en ce temps.

La Mutec s’est battue pour développer la microfinance au Burundi et le monde salue aujourd’hui nos actions par plusieurs partenariats en cours d’exécution.

Quels partenariats ? Soyez plus précis

Délégation de l’Arab Bank d’Abu Dhabi en visite à la MutecEn mai 2007, le Gouvernement béninois nous a invité à nous rendre à Cotonou pour échanger et partager notre expérience avec les cadres techniques en charge de la gestion des Béninois de l’Extérieur. Les autorités béninoises voulaient que ces séances de travail leur permettent d’identifier les voies et moyens pour l’exécution du Projet de création au Bénin d’une banque similaire à la MUTEC.

Nous avons négocié un partenariat avec Arab Bank d’Abu Dhabi. Après donc l’Ouganda, le Burundi sera le deuxième pays dans la sous région à travailler avec l’Arab Bank d’Abu Dhabi via la Mutec, pour renforcer davantage sa lutte contre la pauvreté, en passant par une Institution de la microfinance. C’est dans ce cadre qu’une délégation de ces banquiers des Emirats Arabes Unis a visité dernièrement la Mutec, pour la voir à l’œuvre. Ils sont rentrés très satisfaits et très bientôt, l’Arab Bank d’Abu Dhabi enverra une mission d’audit pour confirmer la bonne santé de la Mutec et ce partenariat attendu avec impatience va alors entrer en action.

Enfin nous venons de signer un partenariat avec Human Sources Africa (H.S.A), une organisation basée en France et qui a pour objectif de relever le secteur de micro finance en Afrique. HSA va injecter 3 à 5 millions de dollars dans ce projet avec MUTEC. Avec HSA, la MUTEC va pour commencer être implantée dans 5 pays d’Afrique en plus du Burundi, à savoir le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Congo Brazza, le Burkina Faso et le Gabon. Le nouveau bâtiment de la MUTEC, qui est en construction au boulevard de l’UPRONA (à côté de White stone) sera finalement le siège de MUTEC au niveau de l’Afrique.

Lors de la visite des dirigeants de HSA à BujumburaLa Mutec semble donc avoir de bonnes perspectives d’avenir. Comment pensez-vous participer à la relance de l’économie burundaise avec la crise financière mondiale actuelle ?

Une relance de notre économie ne pourra se faire que sur base d’une très bonne concertation entre les différents acteurs qui sont concernés, mais également de la poursuite de l’appui de nos partenaires au développement et autres bailleurs de fonds.

A mon humble avis, je crois que l’un des priorités à actionner serait la relance du secteur agricole afin de créer une véritable économie rurale et évidemment la monétarisation du monde rurale par le secteur de la microfinance bien encadrée susceptible de porter d’une façon durable notre croissance interne. La Mutec s’intègre dans cette optique. Il faut donc améliorer le pouvoir d’achat du monde rural pour relancer notre économie face à cette crise économique mondiale.

Quels sont alors les mécanismes qu’il faudrait mettre en œuvre pour relancer l’économie burundaise ?

Je crois qu’on évolue dans un contexte économique mondial marqué par la morosité et la récession. Nous vivons, il faut le reconnaître, l’ère de la mondialisation. Cette crise financière mondiale, qui n’a épargné personne, traduit la vulnérabilité de l’économie burundaise qui a été durablement éprouvée par plus d’une décennie de guerre civile.

Mais il convient de retenir que la première préoccupation des autorités est que le Burundi dispose d’un secteur privé fort, plein d’idée, créateur d’emplois et de richesse. Donc une politique conçue dans une démarche participative avec le secteur privé ainsi que nos partenaires au développement.

Face à cette crise financière, il y a une peur croissante au sein des diasporas africaines en occident. En tant que membre de diaspora burundaise, quel est votre sentiment à ce sujet ?

Je crois que cette crise financière va ralentir la migration. Il faudrait mener une politique migratoire de long terme et non pas fermer les robinets et les rouvrir quand cela arrange les pays occidentaux. La solution donc n’est pas celle de refouler les étrangers chez eux, mais plutôt de mener une politique de formation et d’intégration.

Quelle serait alors une politique cohérente envers les Burundais vivant à l’étranger ?

La diaspora burundaise fait partie intégrante de la Nation et doit être bien organisée. Pour cela il faut : (1) Le renforcement de la représentation des Burundais de l’extérieur ; (2) Créer un espace de rencontre et de regroupement de la communauté burundaise ; (3) Faciliter la réinsertion des émigrés désireux de revenir au pays ainsi que leur participation au développement du Burundi ; (4) Le recours constant aux compétences et à l’expérience des membres de la diaspora ; Et enfin (5) qu’ils s’éloignent du mal burundais des 3I : Ishari, Inzigo, Insaku. (NdlR : Jalousie, Rancune, Ragots)

Et vous personnellement avez-vous déjà été confronté à ce mal burundais ?

Je le dis parce que j’ai vécu tout cela de plus près. Certains ne m’ont pas compris et m’ont combattu par des "on dit". J’ai été personnellement visé par des ragots et propos calomnieux portant atteinte à ma vie privée, à mon honneur et à mon image, mais j’ai continué ma route sans trop en tenir compte, puisque j’ai la conscience tranquille. Quand des personnes vous attaquent sur le plan personnel et adoptent une posture diffamante voir insultante, mieux vaut ne pas répondre, cela a toujours été mon attitude.

Mais je remarque qu’avec le temps et la nouvelle génération, ce mal burundais va se dissiper. Et j’ose espérer que chacun pourra vaquer à ses propres occupations dans un esprit serein et une ambiance fraternelle comme nous l’avons remarqué samedi soir sur la scène des Beaux arts. La joie qui était dans la salle reflétait la paix retrouvée au Burundi. Quand il y a la paix au pays, cette dernière est tout autant ressentie au sein de la diaspora.

Vous êtes un incompris puisqu’on vous retrouve dans beaucoup d’activités : à la tête de la MUTEC, réouverture d’une ligne SN vers Bujumbura, négociation informelle avec les FNL, libération de prisonniers de guerre, obtention du Certificat de Mérite Patriotique des mains du chef de l'Etat Pierre Nkurunziza, organisation d’une Conférence sur la Migration et le Développement dans les Grands Lacs, lauréat du African Award 2006, lauréat du Golden Amahoro Iwacu 2008, agrément de la MGL en qualité d’ONG de développement par le ministère belge de la Coopération au Développement, etc. La liste est longue, sans oublier votre fonction actuelle de Conseiller Principal chargé des Missions à la Présidence de la République du Burundi. Hier en Belgique, aujourd’hui au Burundi. Les gens ne s’y retrouvent souvent pas. Que répondez-vous à ceux qui disent que vous en faites trop ?

Jean-Marie Rurimirije recevant le Certificat de Mérite Patriotique des mains du chef de l'Etat Pierre NkurunzizaJe leur réponds simplement que je ne ferai jamais assez pour mon pays. Tant que mon Dieu sera avec moi, je suivrai toujours mon étoile.

Si j’ai reçu ces distinctions, c’est en tant que membre de la diaspora burundaise, au vu de tous les efforts consentis par la MGL et le don de soi dont toute notre équipe a régulièrement fait preuve. Tout cela, je pense, mérite des encouragements et pourrait servir d’exemple et faire émerger des potentialités encore dormantes au sein de la diaspora.

Je fais tout cela simplement parce que j’aime mon pays le Burundi, qui m’a tout donné et c’est l’école de la République qui m’a fait ce que je suis aujourd’hui. Le Burundi m’a tout donné et je vais tout faire pour le lui rendre !

Je suis issu d’une famille modeste, je sais ce que c’est que la misère et c’est à force de travail que je suis arrivé là où je suis. Je connais le monde rural pour y avoir travaillé en tant qu’instituteur. Quand on oublie d’où on vient, on ne sait pas où on va !

Je me suis engagé dans de projets de développement pour venir en aides aux laissés pour compte et aux plus démunis. Je ne prétends pas régler les problèmes de la pauvreté au Burundi, mais nos activités au sein de la MGL et de la MUTEC visent essentiellement à donner aux plus modestes une chance de s’en sortir en appuyant leurs micro-projets, car je ne crois pas à l’assistanat.

Pour demain, je rêve d’un Burundi fort et tranquille, où régnera l’ordre et la discipline, dans le respect de chacun et de tous. Quand il n’y aura plus personne pour se cacher derrière les ethnies, les clans, les régions ou les religions et que toute l’énergie sera consacrée à la lutte contre la pauvreté et à la relance économique. Quand nous serons tous unis, ça va faire mal !

Fin de l’entretien

Propos recueillis le lundi 06/07/2009 par notre Correspondant à Bruxelles


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25 avril 2009

Les fermetures d'IMF continuent

Informations du 23 avril 2009 (Iwacu-Burundi.org)

Le Gouverneur de la province Rutana en compagnie du Procureur Général et du Commissaire de Police de la Région Sud ont procédé à la fermeture de la microfinance GRECO comme le Gouverneur de la BRB le leur avait demandé. Cette microfinance est accusée d’avoir manqué à ses engagements en n’octroyant pas de l’argent à ses clients. Elle avait débuté ses activités en février 2008 et ses principaux clients étaient à majorité des policiers.

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10 octobre 2007

Mutuelle d'épargne et de crédit -MUTEC- : 3 ans déjà !

Burundi Réalités, 2007-10-04- L'Institution de Microfinance MUTEC S.A célèbre son 3ème Anniversaire

Mutec_Staff

Bujumbura - A la veille de la célébration du 3ème anniversaire de la Micro finance MUTEC S.A par ses membres, la Rédaction de Burundi Réalités Agence Presse a effectué une visite guidée dans les agences de cette institution financières implantées dans les provinces de Bujumbura-Mairie, Bubanza, Muyinga et Gitega.

La première visite a concerné l’Agence MUTEC S.A implantée en province de Bubanza. Cette Agence située tout du marché moderne de la province de Bubanza, elle a commencé ses activités le 1er septembre 2006 et comptait jusqu’à l’heure 770 clients, a révélé à Burundi Réalités Agence Presse, le gérant, M. Cyrille Kandikandi.

L’Agence MUTEC S.A de Bubanza n’octroie que des découverts pour des raisons d’habituer la population à produire à partir de l’argent emprunté dans l’institution financière. Un délai d’une année a été considéré pour pouvoir donner des crédits à ceux sont capables de rembourser sans problèmes. Et cela se voit à travers les mouvements de leurs comptes, a précisé M. Cyrille Kandikandi, le premier gestionnaire de cette Agence.

Trois catégories de clients constituent le partenariat entre la MUTEC S.A avec la population. Il s’agit des commerçants, des Agriculteurs et des fonctionnaires qui peuvent se mettre en association pour s’avaliser lors de la demande des crédits. Le salaire d’un fonctionnaire peut aussi servir d’aval, a-t-on constaté dans toutes les Agences visitées.

Les problèmes que rencontre l’Agence de Bubanza sont liés surtout à l’insécurité qui persiste dans cette province. Les clients ont peur d’épargner et la production sur les marchés est faible.

M.Jean Damaseni Harerimana, gérant de l’Agence MUTEC S.A de Muyinga a dit que cette Agence a ouvert ses portes le 18 décembre 2006 et comptait à cette heure là 573 clients. Là aussi les découverts au départ sont les plus octroyés. Les preneurs se mettent en association pour constituer une caution solidaire, a-t-il précisé.

Les problèmes ne manquent pas dans cette Agence, Parfois il y a coupure d’électricité et le travail est paralysé.

L’Agence MUTEC S.A implantée à Gitega a ouvert ses guichets le 24 juillet 2006 et compte pour le moment 1615 nous a révélé M. Jérôme Nahimana, le premier responsable. Là on octroi des crédits allant jusqu’à 2.000.000 FBU. On estime que le recouvrement est de 85 pour cent. Pour bénéficier un crédit il faut avoir au minimum 4 mois d’ouverture de compte. Cette agence connaît des problèmes liés surtout au déplacement. Mais ce problème a trouvé de solution car des motos sont un acquis.

Au siège social de MUTEC S.A, le Directeur Général M. Dénis Ndikumana a précisé que l’ouverture des guichets à Bujumbura date du 26 juillet 2004. Les clients pour le moment sont au nombre 24.713. Les crédits et les découverts sont octroyés. Le taux est de 15 pour cent.

Le l'Agence de Buyenzi visitée en dernier lieu compte 3000 clients. Elle a été ouverte le 1er février 2007 et octroie des crédits et des découverts, a révélé, Mme Fidélité Mushiranzigo sa responsable. Située tout près du marche moderne de Ruvumera, cette agence connaît un problème parfois de connections avec la Direction Générale ce qui gêne un peu pendant la communication. Cette agence a besoin aussi de moyens de déplacement.

Signalons que la micro finance MUTEC S.A est informatisée avec un logiciel bancaire AD banking. Le Directeur Général, M. Dénis Ndikumana a précisé qu’il y a une forte demande par rapport à l’offre. Les clients demandent des crédits allant jusqu’à 2 milliards alors que le capacité de la MUTEC S.A n’arrive qu’à 800 millions. Il y a aussi un problème d’espace par rapport au nombre des clients qui augmente du jour le jour. Mais le problème d’espace trouvera de solutions car une construction du bâtiment de la MUTEC S.A est en cours.

Pour le Guichet Ndamama House, le responsable Niyonkuru Armel a révélé que ce guichet est en connexion avec ceux de la Direction Générale. Il a soulevé, lui aussi, le problème d’espace.

A titre indicatif, le Directeur Général de la MUTEC S.A M. Dénis Ndikumana a précisé que le total des clients, au 31 octobre 2007, est de 31.172, les épargnes globales sont d’ordre de 1.600.000.000 Fbu, le nombre de crédits déjà octroyés est de 1528 avec un taux de recouvrement de 96 pour cent.

Signalons que suite à cet événement marquant la célébration du 3ème anniversaire de la MUTEC S.A, le Représentant de la Mutualité des Grands Lacs et Président du Conseil d’Administration M. Jean-Marie Rurimirije avait effectué le déplacement jusqu’à Bujumbura depuis Bruxelles en Belgique.

M. Jean Marie Rurimirije a précisé que les objectifs sur les 3 ans ont été atteints. Il a encouragé le personnel de la MUTEC S.A. de la Direction Générale et de toutes les agences de continuer à servir d'exemple pour un travail raffiné. Il a encouragé les clients de cette institution à toujours faire confiance en cette Microfinance comme ils l'ont été depuis le début.

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10 septembre 2007

Institutions de microfinance agréées au Burundi

La Banque de la république du Burundi a publié le 10/08/2007 une liste de  24 institutions de microfinance agrées et seules habilitées a effectuées des institutions de microfinance.

Cette liste est consultable sur le lien suivant : cliquez ici : IMF_agr__es.

A la vue de cette liste plusieurs interrogations sont à soulever :

1: Que deviennent les institutions actives dans le secteur depuis plus de trois ans et qui ont déjà collectées des dizaines de millions (centaines pour certaines) de FBU d'épargne de la population. Si ces institutions doivent cesser leurs activités; comment la population va recouvrer ses dépôts?

2: Le fait pour une institution de ne pas figurer sur cette liste, ne va-t-il pas provoquer une panique pour ses clients et un retrait en masse des dépôts y effectués et de fait plonger ces institutions dans une crise financière et certainement la faillite?

Pour rappel voici la situation des institutions de microfinance agissant au Burundi au 30 août 2005.

cliquez ici : Liste_et_caract_ristiques_des_IMF_agissant_au_Burundi

3. On constate que la AMUF a été agrée dans les institutions de deuxième catégorie "entreprise de microfinance" sous la dénomination "Alliance pour la Mutualité Financière". On peut se demander si le mot mutualité n'est pas de nature à induire en erreur les partenaires de l'institutions qui pourront croire qu'elle exerce ses activités sous un statut de première catégories 'Mutuelle et coopérative d'épargne et de crédit".

4. Enfin, le décret portant réglementation des activités de microfinance, stipule en son article 64, que chaque Institution doit se doter d'un commissaire au compte au préalablement agréé par la Banque centrale. Ces commissaires aux comptes seront-ils choisis parmi les comptables et experts comptables agréées par l'ordre des comptables et experts comptables du Burundi? Quelle est la procédure à suivre pour un professionel pour se faire agréer  en tant que commissaire au compte des IMF? Existe-t-il aujourd'jui une liste des commissaires agréés?

Eric N.

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07 juillet 2007

Cospec : Microfinance : la transparence, gage de réussite

06-04-2007                     

par Emmanuel Ngendanzi

http://syfia-grands-lacs.info://

Burundi: Microfinance : la transparence, gage de réussite

Gérée dans la transparence et contrôlée par ses membres, la coopérative d'épargne et de crédit de Cibitoke, au Burundi, est un modèle de réussite à l'heure où tant d'établissements de microfinance ferment, victimes d'escroqueries.

"Notre secret ? Nous avons mis en avant la transparence dans la gestion." C’est ainsi que Charles Itangishaka, directeur gérant de la COSPEC (Coopérative solidarité avec les paysans pour l’épargne et le crédit) de Cibitoke, au nord-ouest du Burundi, explique la réussite de cette coopérative. Cet ancien secrétaire d’État à la Coopération gère l’épargne des paysans de sa province natale. Il a gagné leur confiance en choisissant de vivre à la campagne avec eux. "Si vous roulez en Mercedes lorsque vous gérez l’argent des pauvres, il faut vous attendre à ce que la confiance s’estompe, estime-t-il. Certaines institutions de microfinance ne sont que des tremplins pour enrichir les promoteurs escrocs."
"Dialogue, décision collégiale et justice" : telles sont les règles d'or des gestionnaires de la COSPEC. En effet, chaque commune y a un représentant élu. Toutes les décisions sont discutées en assemblée générale. "Cospec, c’est pour nous ! Nous avons confiance en elle et en nos gestionnaires", confie frère Rémy, un religieux de la paroisse de Cibitoke, qui en est membre. Démarrée dans cette ville, la coopérative est présente dans toutes les communes de la province où elle est bien connue et appréciée de tous. Cyprien et Assumani, deux jeunes commerçants de Mabayi, une des communes, estiment que leur argent est bien en sécurité parce que le suivi des comptes est permanent.
Cette réussite se voit dans les chiffres : la COSPEC compte aujourd'hui 5 000 membres, dont 30 Congolais et 15 Rwandais. Située au carrefour des trois pays, elle rend service aux Congolais qui n’ont pas de structure bancaire viable. Depuis son lancement en 2001, elle a déjà octroyé des crédits équivalents à plus de 350 millions de Fbu (plus de 336 000 $). Son chiffre d’affaires s’est accru progressivement et le bénéfice net est passé de 5 millions en 2003 à 13 millions en 2005. Convaincue de réussir, la coopérative n’a pas eu recours à des financements extérieurs et vole de ses propres ailes grâce à l’engouement des habitants de la région. Le rapport des auditeurs externes, certifié par la Banque centrale du Burundi, relève cette performance.

Gagner la confiance
Selon Charles Itangishaka, le plus dur a été de convaincre les gens d'adhérer au projet, en gestation depuis 1997. Pour asseoir sa crédibilité, les promoteurs de la COSPEC se sont constitués en une chaîne de formateurs qui, durant quatre ans, ont informé les habitants et gagné peu à peu leur confiance. On raconte ainsi qu’une vieille maman de 75 ans a accepté de déterrer 500 000 Fbu (près de 500 $) qu’elle avait cachés depuis plusieurs années pour les placer dans la coopérative. Les billets étaient tellement abîmés que la Banque centrale a failli les refuser ! D’autres ont retiré purement et simplement leur argent des autres banques pour garnir les caisses de la COSPEC.
L’institution a démarré en 2001 au moment où les premiers établissements de microfinance ont fait faillite. Burundi direct, Jami Bora, Amani, Codec, Fesibu : la liste de ceux qui ont fermé boutique ces six dernières années est longue. La plupart du temps, leurs promoteurs ont vidé les caisses et emporté l’argent des épargnants. En réaction, le Réseau des institutions de microfinance au Burundi (RIM), a été mis en place en 2002. Il regroupe actuellement 13 organismes de microcrédit.
Un décret présidentiel du 22 juillet 2006 règlemente désormais toutes les institutions de microfinance. Ainsi, les Coopératives d’épargne et de crédit (COPEC), le plus grand réseau de microcrédit en milieu rural, implanté à travers tout le pays, ont été momentanément suspendues le temps de se conformer à ces nouvelles règles du jeu.
Désormais, tous les établissements doivent être agréés par la Banque centrale chargée de les contrôler régulièrement. Moyennant quoi, la banque s’engage à rembourser les clients ou les déposants en cas de défaillance et de faillite fortuite

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14 avril 2007

Poste AT Microfinance Ngozi (UCODE)

Assistant(e) technique en microfinance

Louvain Développement

Date de clôture : 21 avr 2007

Lieu :
Burundi

Description du poste :

Le projet « Lutte contre la Pauvreté dans les Provinces du Nord » du Burundi est exécuté depuis 2004 par l'ONG belge Louvain Développement (LD) dans le but de soutenir les initiatives de développement régional initiées par les élites locales en réaction à la guerre civile dont se relève progressivement le pays.

Ce projet est mis en oeuvre avec un partenaire local, l'Union pour la Coopération et le Développement (UCODE). Au départ, l'UCODE était une seule institution fournissant des services de microfinance, d'appui au monde rural et d'assurance maladie. Aujourd'hui, l'ancienne structure a été scindée en deux : d'une part, l'Institution de Microfinance « UCODE MF » qui offre exclusivement des services financiers d'épargne et de crédit et d'autre part, « l'UCODE Asbl » qui fournit des services non financiers d'appui aux populations pauvres de la zone d'intervention. Aujourd'hui, l'UCODE-MF est une institution agréée par la Banque de la République du Burundi (Banque Centrale).

Elle est active dans cinq provinces du Nord du Burundi avec 30 guichets implantés dans la plupart des communes de la région et compte plus de 30 000 membres.

Responsabilités :

  • En collaboration avec le Directeur de l'institution, l'AT supervisera et animera le plan de renforcement de l'UCODE-MF en étant attentif à l'évolution des différents chantiers.
  • L'AT fera des propositions techniques en vue de la professionnalisation de la structure et notamment l'amélioration du système d'information de gestion actuel à tous les niveaux (guichets, agences, siège). Il/elle sera attentif à la validation des propositions par les responsables de l'IMF et à la mise en oeuvre sur le terrain.
  • Il/elle veillera à la mise en place de la politique d'épargne et de crédit préalablement élaborée et participera au renforcement des capacités. Il/elle fera des propositions stratégiques en vue de la viabilisation progressive de l'institution.
  • L'AT sera sous la responsabilité du chef de projet de LD. Le poste est basé à Ngozi au sein des bureaux de l'UCODE-MF (situés à 100m des bureaux de LD). La durée du contrat est prévue de mai 2007 à mars 2008, avec une période d'essai de 3 mois.

Compétences/qualifications/expérience :

  • Formation en économie et/ou finance.
  • Connaissance du métier de la microfinance au niveau technique.
  • Expérience significative dans le fonctionnement global d'une institution de microfinance, de préférence une coopérative d'épargne et de crédit (au niveau de sa viabilité financière, institutionnelle et sociale).
  • Faire preuve d'une vision stratégique et globale du développement d'une institution de microfinance.
  • Capacité d'intégration et de communication dans un environnement multiculturel.
  • Capacité de négociation

Contact :
Elise Vanormelingen
E-mail:
evanormelingen@louvaindev.org

Louvain Développement
Louvain Développement
Sentier du Goria 6
Louvain la Neuve 1348
tel. +32 10 47 40 82
fax: +32 10 47 33 93
Belgique

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24 février 2007

Fermeture momentanée des Coopecs du Burundi

Des problèmes de gouvernance évidents, un non respect des principes de bases du mouvement mutualiste, et la non recherche du bien être des sociétaires par les Elus des Coopecs et de la Fenacobu sont certainement à l'origine des problèmes de la FENACOBU qui ont amené la Banque de la République du Burundi a gelé les opérations des Coopecs sur l'ensemble du territoire national dès ce 23 février 2007.

Seules les opérations de dépôts seront acceptées, aucune opération de retrait ou de crédit ne peut-être effectuée dans les Coopecs ou sur les comptes bancaires de la FENACOBU. Tout ceci afin de préserver les avoirs des sociétaires en attendant une mise en place d'une équipe de gestion efficace, un assainissement des comptes et la résolution des conflits existants depuis plus de six mois entre les Coopecs du Nord et la structure faîtière.

En prenant cette décision, la BRB vient de marquer les esprits de tous ceux qui oeuvrent de près ou de loin pour le développement de la Microfinance au Burundi. En effet, les Coopecs détenaient le quasi monopole des services financiers dans le milieu rural, à l'exception du Nord du Burundi où elles rencontrent la concurrence de l'UCODE. Une mise en cessation de paiement d'un pareil réseau qui possède 80 points de services dans le pays porterait en effet un coup fatal à la fragile confiance que lui manifeste les paysans burundais à la suite de la faillite retentissante de Burundi Direct, et la fermeture frauduleuse et mafieuse de AMANI Microfinance.

Par cet acte, la cellule de supervision de la microfinance au sein de la BRB , vient de prouver que malgré sa jeunesse, elle est animée des intentions les plus nobles. Le grand défi aujourd'hui est de pouvoir trouver des cadres compétents capables de redresser le réseau des Coopecs burundaises. Car, si le Projet Microfinance  du PNUD avec en appui, les experts de Dévelppement International Desjardins, tente depuis plus d'un an de renforcer les compétences techniques des cadres du secteur de la microfinance burundaise, à notre humble avis, le Burundi ne possède pas aujourd'ui suffisament de cadres techniques capables de gérer un réseau d'une telle envergure. La solution idéale est de faire appel à une assistance technique internationale. Et pour celà, plusieurs candidats sont possibles : les plus aptes sont notamment le CICM ( Centre International du Crédit Mutuel) à l'origine de la création des Coopecs, ou DID ( Développement International Desjardins) actuellement leader de l'appui technique des réseaux mutualises dans le monde francophone et en appui ponctuel au Burundi depuis un an.

De plus avec la mise en place du FORCE ( Fonds de Relance, de Conseil et D'echange) pour appuyer la microfinance burundaise et fort de plus de 5milliards de FBU, les fonds pour faire appel à cette assistance technique  international ne devrait causer aucun problème.

Il apparatient aux dirigeants politique de prendre la situation en main et de  faire renaître de l'espoir et de la confiance dans le secteur de la Microfinance au Burundi .

A faire à suivre.

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12 février 2007

S'adpater à réglementation : un défi pour les IMFs Burundaises

L

a croissance économique et les mutations environnementales qui l’ accompagnent vont  rendre complexe la gestion des institutions de micro-finance au Burundi. L’évolution du secteur de la microfinance, caractérisée par l’entré en vigueur du décret portant réglementation des  activités de microfinance constitue un bon signe de relance économique.

Longtemps sans encadrement adéquat ni protection suffisante des intérêts des intervenants dans ce secteur, la microfinance s’est dotée d’une réglementation de ses activités. Cela devrait permettre l’entrée de plusieurs acteurs sous un contrôle rapproché des autorités compétentes.

De là se pose la question de nécessaire examen de l’adéquation des capacités de supervision.

D’après un conseiller du consortium international des bailleurs de fonds s’exprimant dans le «Livre Bleu  sur la Microfinance», « il ne sert à rien de réglementer ce qu’on ne peut pas superviser». Ordonner une supervision en l’absence des capacités nécessaires est absurde, voire dangereux. Il est important de vérifier préalablement si la supervision dispose des instruments, des capacités et des infrastructures nécessaires pour superviser les institutions réglementées et contrôler leur conformité.

Il est peu recommandable d’encourager l’entrée sur le marché en l’absence des instruments de supervision nécessaires et des capacités requises de les appliquer aux anciens comme aux nouveaux acteurs.

D’emblée, une personne non avertie aurait tendance à croire que le Burundi s’est embarqué dans ce long projet de réglementation sans avoir fait le contour de la question et préparer les moyens nécessaires.

Une approche de réglementation plus adaptée se basant sur la supervision fondée sur le risque constitue un instrument important.

Deux approches de réglementation sont envisageables : Une approche traditionnelle de réglementation qui consiste à poser certaines limites au pouvoir de décision des IMF et à demander aux autorités de supervision de contrôler le respect de ces limites et la gestion des risques. La nouvelle approche accorde par contre plus de poids aux obligations internes des IMF en termes de systèmes d’analyse, de gestion et de contrôle des risques. Cette approche charge les instances de supervision de s’assurer de la solidité,  des capacités de gestion des risques et de contrôle interne dans les institutions financières. Une supervision externe ne peut en aucun cas se substituer à une gestion interne solide. C’est cette nouvelle approche qui a été privilégiée par les pouvoirs publics du Burundi dans la formulation des textes réglementant le secteur de la microfinance en témoigne le décret portant réglementation du secteur de la microfinance au Burundi dans son chapitre douze.

En effet, il est stipulé dans son article 63 que  «Tout établissement est tenu de se doter d’un système de contrôle interne lui permettant de:

-  vérifier que ses opérations, son  organisation et ses procédures sont  conformes à   la réglementation en vigueur, ainsi qu’aux normes et usages professionnels ;     veiller à la qualité de l’information  comptable et financière, en particulier aux     conditions de conservation et de disponibilité de cette information.

En outre, dans son article 64, le décret stipule que  les états financiers des établissements doivent être certifiés chaque année par un ou plusieurs commissaires aux comptes dûment agréés par la Banque Centrale.

C’est dans cette optique et notamment dans le souci de répondre à ce besoin réel, qu’à travers le Projet Microfinance pour le Burundi,  a été organisé du 04 au 05 Décembre 2006, un séminaire national sur le contrôle interne et externe. Le comportement de conformité conduit à un processus de changement, qui n’est pas une question de choix pour le moment, mais une contrainte légale. Les IMF vivent simultanément plusieurs changements: changement d’univers, d’administration, passage pour certains du monopole à la concurrence, etc.

Connaître tous ces changements à la fois invite à s’interroger: Les IMF sont-elles toutes outillées pour répondre à ces exigences liées à la gestion et au  processus d’octroi du crédit, à l’analyse financière, à la maîtrise du tableau de bord et de la tarification des services?

La conformité des IMF aux exigences légales n’est pas une question sans enjeu pratique. Toute entreprise est confrontée de nos jours au changement; plus fortement  les IMF et cela doit être mené avec souplesse et tactique. Ce changement prendra du temps car il est d’ordre culturel et s’inscrit dans la durée. Ne pas aller assez vite, c’est s’exposer à s’enliser, car le changement s’entretient des résultats visibles qu’il produit. Aller trop vite c’est risquer de ne pas laisser à la grande majorité le temps de compréhension et de l’appropriation. Comme disait CHARLES DARWIN, « Ce ne sont pas les espèces les plus robustes qui survivent, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux à l’évolution».

                                                                                                         (Source : Zamuka n°5)

                                                                                                          Noël NSHIMIRIMANA

                                                                                                          Coordonateur National (Burundi)

                                                                                                          Développemenet International Desjardins

                                                                 Projet de renforcement des Capacités en Microfinance pour le Burundi.

                                                                                                                  

Une copie de leur rapport doit être transmise à la Banque Centrale.

LA GESTION DU CHANGEMENT.

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18 décembre 2006

Les limites de la microfinance dans le développement économique du Burundi

Très prochainement sur le BLOG : Ce que peut apporter la Microfinance aux microentreprises burundaises , et surtout ce qu'elle ne peut pas apporter, et quelles sont les solutions altrenatives.

Par Eric NGENDAHAYO

Posté par ngenderic à 23:29 - Microfinance au Burundi - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 novembre 2006

Faillite de la Banque Populaire du Burundi

La Banque de la République du Burundi (BRB) vient de prendre la décision de fermer la Banque Populaire du Burundi (BPB) pour n'avoir pas pu recouvrer 40% des crédits octroyés à ses clients. Pour l'instant, il faut 4 milliards de nos francs pour que cette banque puisse continuer à travailler, a affirmé à la presse l'Administrateur Directeur Général de la Banque de la République du Burundi, M. Gabriel Ntisezerana.

Les clients de cette banque ont, très tôt le matin de ce jeudi le 16 novembre 2006, trouvé les portes de cette banque fermées. Ils pleurent pour le moment leur argent bloqué. Mais le Gouverneur de la Banque de la Répblique du Burundi, Banque Centrale du pays, les a tranquilisés:" Les petits épargnants qui ont les comptes à la BPB seront remboursé par le ministère des Finances", mais où le gouvernement va t-il trouver plusieurs milliards de francs BU ?

Une chose est sûre : La BRB , demande aux actionnaires de renflouer les caisses de la BPB à hauteur de 4 milliards de Francs BU pour qu'elle puisse reprendre ses activités. Nul doute que ces actionnaires qui ont laissés l'Etat de gestion de cette banque devenir si calamiteuse, ne vont pas se presser pour la relever , surtout à un tel prix.

Il appartient à la BRB d'analyser minutieusement la nature et la destinations des 40% de créances irrécouvrés de la BPB et de determiner si on est pas en présence de détournements de fonds et de faute de gestion caractérisée.

La fermeture de la BPB , qui n'avait pas de populaire que son nom, l'une des rares à avoir des conditions  d'ouverure de comte accessibles au petit peuple, renvoit dans le monde des exclus bancaires quelques dizaines de milliers de clients, qui n'auront d'autres choix que de se tourner ves les Institutions de Microfinance de la Capitale ( CECM, MUTEC, COOPECS, CODEC, AMANI, etc.). Laquelle va pouvoir profiter de cette situatuion pour récupérer la majeure partie de cette clientèle ?  Celle qui inspirera le plus confiance.

Aussi devrait on voir dans les jours qui viennent , ces institutions multiplier leurs politiques de communications et de marketing.

On espère que la nouvelle cellulle de supervision du secteur de la microfinance, sera vigilante pour permettre à ces petits epargnants de pas perdre l'ensemble de leurs avoirs.

Posté par ngenderic à 23:25 - Microfinance au Burundi - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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